Uberiser

17.05.2015 / Pourquoi dit-on ?

Uberiser (inf.) : verbe du 1er groupe symbolisant l’action de casser les codes d’un marché, d’une convention économique ou tarifaire,  de modifier en profondeur une habitude de consommation d’un service ou d’un produit.

Uberiser (inf.) : verbe du 1er groupe symbolisant l’action de casser les codes d’un marché, d’une convention économique ou tarifaire,  de modifier en profondeur une habitude de consommation d’un service ou d’un produit. Dérivé de la marque Uber qui a cassé les codes du marché des taxis. Ex : cette start-up a Uberisé le marché du transport de personnes.

Voilà à peu près ce que nous pourrions lire dans notre Larousse chéri à horizon 3 ou 4 ans. Si l’expression elle-même est encore conscrite dans un univers d’initiés, son ampleur concrète risque de la voir se populariser assez rapidement. Mais qu’est-ce que c’est exactement se faire « uberiser » ? Comme son nom l’indique cela part d’une empreinte stratégique initié par la société Uber qui entend coute que coute imposer son modèle de transport de personnes en tapant d’abord et en discutant ensuite. Elle s’attaque avec une certaine acrimonie au business souvent quasi monopolistique des taxis, partout dans le monde.  

Si la forme peut prêter à discussion, le fond recèle le sens profond du verbe Uberiser. De Blablacar à Ornikar en passant par Google, AirBnB voire Leetchi ou Paypal, les acteurs du numérique bousculent les marchés trop bien structurés et qui ont oublié leur raison d’être, le client. Ce mouvement n’est pas si nouveau mais n’a jamais été aussi massif.

Richard Branson l’avait popularisé en attaquant de préférence les business bien régulés avec des leaders imposants, lourds et si possible peu innovant. La presse, l’aérien, le cola, le mobile, etc. Avec plus ou moins de succès. Mais il était un peu seul et ses approches étaient plus iconoclastes que réellement rupturistes. C’est la vraie différence avec le mouvement en cours. Les acteurs cités plus haut, nés de la culture digitale ont le consommateur final dans le sang.

Ils ont grandi avec l’idée que ce qu’ils produisent est en prise directe avec les utilisateurs, qu’ils peuvent savoir ce qu’ils y font, ce qu’ils aiment, ce qu’ils en pensent. Ils n’obéissent pas à des process linéaires mais itératifs, ils sont les concepteurs mais gardent leur âme de clients. Ils savent aussi que le digital ouvre les portes de tous les domaines de la vie. La santé, le transport, le voyage, l’achat, la culture, l’éducation…

Ils sont passionnés par la possibilité qu’offre le digital de régler tous les problèmes qu’ils ont un jour rencontré en tant qu’utilisateur de quelque chose. C’est peut-être ça « Uberiser », la passion de faire mieux, tout simplement. 

Paul Boulange / @PaulBoulange

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